Les origines de la démarche

Entre 2002 et 2006, la Ville de Saint-Egrève a mis en œuvre une politique active de développement durable via la réalisation de plusieurs projets ponctuels. Souhaitant s'engager dans une démarche globale pour associer de façon plus cohérente les préoccupations et réalisations écologiques, économiques et sociales, la Ville a décidé, par délibération du 20 avril 2006, d'approuver l'élaboration d'un Agenda 21 local et a engagé officiellement la démarche.

Une élaboration et une mise en œuvre concertée et participative

Après un premier travail de diagnostic du territoire communal, la Ville a fait le choix de mobiliser largement l'ensemble de ses agents, mais aussi les associations, les entreprises et tous les Saint-Egrévois dans une grande démarche participative et citoyenne pour dresser un diagnostic partagé du territoire. Ce travail a permis d'établir un diagnostic au regard du développement durable des enjeux pour Saint-Egrève à la fois en tant que territoire (où l'on habite, où l'on travaille, où l'on consomme) et en tant qu'institution (collectivité locale). Ce diagnostic partagé avait permis d'identifier les dynamiques existantes, les atouts et faiblesses du territoire en termes économiques, sociaux, environnementaux, ainsi que les premiers acquis et les axes de progrès des politiques locales en matière de développement durable. Ce diagnostic a dégagé dix enjeux spécifiques sur lesquels a été construit l'agenda 21.

Après un an de travail, l'Agenda 21 de Saint-Egrève a été adopté à l'unanimité par le Conseil Municipal le 29 mars 2007.

L'ensemble du processus a ainsi pu être mené à bien en l'espace d'une année. Ce pari a pu être tenu grâce à une volonté politique forte et des services municipaux impliqués dans la démarche.

Dans le détail, les travaux d'élaboration de la démarche agenda 21 ont été organisés autour de 3 niveaux de mobilisation entre avril 2006 et mars 2007 : 

  •    le Comité de pilotage : mis en place dès 2004, ce comité était composé du Maire, des élus issus de toutes les composantes politiques du Conseil Municipal, du DGS, de l'ensemble des Directeurs de la Ville, du Responsable de la communication et du Chargée de mission développement durable.  
  •  le Groupe projet : mis en place en 2006, ce groupe était composé de 14 agents volontaires de tous grades provenant de tous les services. Ce groupe-projet avait en charge la conduite technique des travaux d'élaboration de l'agenda 21. Ce groupe a été force de proposition et a assuré une fonction de relais au sein des services et des partenaires et de lieu de débat préparatoire avant les travaux en ateliers.   
  • la co-production : au-delà des travaux réguliers avec le Groupe projet, la co-production a été réalisée au travers d'entretiens croisés (12 séances d'entretien pour un total de 111 personnes interrogées), de questionnaires en direction de la population et des acteurs socio-économiques (230 habitants et 30 entreprises et/ou associations, organismes publics ou para-publics ont répondu), des ateliers de coproduction (phase scénarios d'intervention réalisée en 3 ateliers de 2 séances chacun en octobre et novembre 2006 pour un total de 86 participants) et d'un forum (9 mars 2007, forum ayant réunion 60 personnes)

L'élaboration de l'Agenda 21 a donc été envisagée comme l'occasion d'une large mobilisation locale. Les acteurs concernés relevaient autant du champ technique que du champ politique, du domaine des collectivités que de celui des entreprises ou du secteur associatif, des groupes organisés que des engagements individuels.

Une intégration et des impacts forts de la démarche sur les politiques publiques

La démarche agenda 21 local apparait comme l'outil le plus pertinent pour agir de manière "durable" sur la Ville à la fois en tant qu'organisation (employeur-consommatrice), en tant que maître d'ouvrage dans ses champs de compétences et en tant qu'animatrice du territoire (partenaire, soutien, relais d'initiatives).

L'Agenda 21 a donc été alors envisagé comme l'outil adéquat permettant de :

  • coordonner l'ensemble des politiques menées dans une logique de développement durable
  • valoriser le territoire en mobilisant le maximum de ses acteurs dans un projet ambitieux, fédérateur et porteur d'innovations sur le long terme
  • sensibiliser et associer toutes les parties prenantes du développement local grâce à un processus de travail en commun
  • mobiliser les énergies au sein des services de la ville et repenser les modes d'actions dans une perspective d'amélioration des services publics locaux


Les travaux d'élaboration participative de l'agenda 21 ont conduit à organiser la démarche autour de 7 finalités elles-mêmes déclinées en 21 orientations stratégiques qui constituent les lignes directrices de la démarche et sont le fil conducteur des politiques conduites par la Ville.


Au-delà de ce programme d'actions, la vocation de la démarche est d'impulser progressivement une logique et des questionnements de développement durable tant au sein des services municipaux que sur le territoire communal. C'est une démarche d'amélioration continue qui se traduit par une évaluation et un repositionnement permanent des engagements.

La pérennisation de la dynamique participative citoyenne

Compte-tenu de la forte dynamique participative initiée durant l'élaboration de la démarche et de l'intérêt affiché par de nombreux Saint-Egrévois pour le projet de développement durable de leur cité, la Ville avait souhaité inscrire dans la durée cette dynamique citoyenne et a instauré en octobre 2007, une instance citoyenne de suivi et d'évaluation de son Agenda 21 : le Conseil de l'Agenda 21. Avec cette instance, la Ville souhaitait poursuivre la diffusion des principes et enjeux du développement durable auprès de tous les habitants et acteurs du territoire.


Cette démarche innovante de Conseil de l'Agenda 21 offrait à tous les Saint-Egrévois (habitants et acteurs socio-économiques) la possibilité de s'investir pleinement dans la démarche en participant activement au suivi, à la mise en œuvre et à l'évaluation de cette stratégie de développement durable. L'ensemble des avis de l'instance sur les chantiers agenda 21, ses propositions et ses préconisations sur les travaux et les actions de la Ville étaient synthétisés à la fin de chaque année dans un rapport annuel présenté en introduction de la séance du Conseil Municipal de septembre. Ce rapport était ensuite rendu public et accessible sur le site internet de la Ville. En plus de la diffusion du rapport annuel, une couverture médiatique importante des travaux de l'instance était assurée par le service communication de la Ville.


Ce mode de fonctionnement permettait de rendre visible auprès du grand public les travaux de l'instance et renforçait la crédibilité de la démarche de la Ville. Les citoyens pouvaient ainsi juger les réalisations de la Ville en faveur du développement durable non seulement via les communications institutionnelles mais également par les analyses de cette instance citoyenne.