Au fil du temps

A Saint-Egrève, le patrimoine n'est pas quelque chose de figé. Et si l'héritage des siècles passés est présent dans ses rues, la Ville a su le mettre au goût du jour et l'intégrer dans un développement harmonieux qui s'inscrit dans le cours d'une histoire particulièrement riche. Forte d'un passé parfois méconnu dont on trouve des traces un peu partout, Saint-Egrève conjugue donc au présent la richesse de son héritage pour penser son futur. Petite promenade dans une ville à (re)découvrir !

Saint-Egrève, ça ne date pas d’hier. En effet, les premières traces d’activités humaines remontent à l’âge de bronze et à la période gallo-romaine ainsi que le prouvent quelques objets retrouvés de-ci de-là.
Il ne faut pas attendre bien longtemps pour que les hommes choisissent d’édifier des bâtiments à l’abri des caprices des cours d’eau environnants. Ainsi, les premiers vestiges architecturaux retrouvés dans le secteur de La Monta datent du deuxième siècle, époque à partir de laquelle la ville commence tout doucement à se développer... C’est de cette histoire millénaire, dont il est aujourd’hui encore possible de retrouver des traces au détour d’une rue ou dans les murs d’un bâtiment, qu’est née Saint-Egrève.
Construite patiemment au fil des siècles, la cité s’est en effet développée petit à petit pour devenir aujourd’hui une ville de taille moyenne qui compte près de 16 000 habitants et dont le dynamisme et la situation géographique privilégiée lui confère un rôle d’importance au sein de l’agglomération grenobloise. Mais si la modernité s’est lentement imposée à Saint-Egrève, la Ville n’en n’oublie pas moins ses racines et s’efforce de maintenir un équilibre subtil entre la préservation d’une richesse patrimoniale parfois insoupçonnée et une nécessaire évolution de sa physionomie et de son fonctionnement pour répondre aux impératifs liés à la vie du siècle présent. 

Promenade temporelle

Remonter dans le temps, c’est donc possible. Il suffit de se rendre à la Monta et de lever le nez en l’air pour se retrouver au XIe siècle. En effet l’actuelle église est construite à l’emplacement exact d’une première église, datant du XIe siècle et qui pendant des siècles fut fréquentée par des pèlerins venus chercher la guérison auprès des reliques de saint Agripan. Devenue trop petite, celle-ci a été remplacée par l’actuel lieu de culte dont l’inauguration remonte à 1852. Autre lieu chargé d’une histoire millénaire, le Centre Hospitalier Alpes-Isère est bâti sur le site de l’ancien Prieuré de Saint-Robert de Cornillon. Ce dernier a été fondé autour de 1080 par Guigues II Le Gras, Comte d’Albon et aïeul des Dauphins. En 1691, lorsque Louis XIV envoie ses troupes du côté de la Savoie et du Piémont lors de la "Guerre de Neuf Ans", le Prieuré se transforme en hôpital de guerre et a depuis accumulé les fonctions comme autant de strates pour s’adapter aux besoins et aux techniques de soins... Si les actuels bâtiments remontent au XIXe siècle, ils conservent encore quelques traces de cette riche histoire.

Un patrimoine agricole

Ville verte aujourd’hui encore, Saint-Egrève a longtemps tiré sa richesse de l’agriculture. La richesse des terres locales a permis à de vastes domaines de se développer à l’instar de la ferme Luc à Cuvilleux ou de celle de Fiancey dont on retrouve un vestige à... Barnave  où à été installée une fenêtre à meneaux typiquement moyenâgeuse. De ces grands domaines,  il est aujourd’hui encore facile de retrouver des traces. Que ce soit le château du Muret, la Villa Hélène, la Villa Jeanne d’Arc ou même la Maison Borel, tous ces bâtiments ont été conservés dans un patrimoine vivant et se sont tous sans exception reconvertis pour continuer à vivre. Ainsi, la Maison Borel, qui a été restaurée en 2008 pour aujourd’hui accueillir l’association Avenir mais aussi des salles de réunions et des événements familiaux, est en fait une bâtisse de la ferme Visancourt qui a plusieurs fois été modifiée et remodifiée et qui a été en activité jusqu’en 1937.

Un patrimoine naturel

De la nature, Saint-Egrève a conservé plus qu’une simple trace puisque celle-ci est omniprésente dans le tissu urbain actuel. Plus de 60 hectares de parcs et jardins publics sont répartis dans tous les quartiers de la Ville dans lesquels il est aujourd’hui encore possible de traverser Saint-Egrève de part en part en longeant des itinéraires arborés...
Richesse qui caractérise la ville, ces espaces verts sont exceptionnels et peuvent abriter une faune et une flore remarquable à l’image  de la Roselière du Muscardin qui a été classée Espace Naturel Sensible. Cette richesse du patrimoine vert permet de conserver la biodiversité au cœur même de la Ville.

De la richesse naturelle à la richesse économique

La nature a généreusement doté Saint-Egrève. En effet, outre une terre riche permettant l’essor de l’agriculture, les cours d’eau qui parcourent la Ville ont offert à celle-ci l’opportunité de développer son industrie. En effet, depuis que les moines du Prieuré de Saint-Robert ont décidé de la construction d’un canal dont l’existence est attestée dès le début du XVe siècle, l’industrie n’a cessé de se développer à Saint-Egrève.
Tanneurs, brasseurs et autres entrepreneurs se sont installés le long de ce canal d’une longueur totale de 3,5 kilomètres et ont contribué à modeler la ville telle qu’elle existe aujourd’hui.
Les traces des industries passées se retrouvent dans les endroits les plus surprenants de la Ville ainsi, alors que sur la Vence, une centrale hydroélectrique datant du XIXe siècle est encore en fonctionnement, le passé "cimentier" de Saint-Egrève se retrouve non seulement sur le site de l’entreprise Vicat mais aussi à... l’hôtel de ville puisque le Château Borel a été entièrement fabriqué en ciment de la Porte de France.

La Ville doit son nom à un certain Saint Agripan qui fut Evêque et évangélisateur du Puy-en-Velay. Né en Espagne, il fut martyrisé au village de Chiniacum en Vivarais, qui devint vers 650 Saint-Agrève. On attribuait à ses reliques, visibles à l'église de la Monta jusqu'à la Révolution, le pouvoir de soulager les douleurs et les rhumatismes.

Une affaire de passionnés : Faire vivre le patrimoine est certes un des objectifs que s’est fixé la Ville mais c’est aussi une passion pour bon nombre de Saint-Egrévois qui s’investissent activement dans l’association "Histoire et Patrimoine, Vence Neyron Cornillon".  Ses membres proposent de transmettre leurs connaissances encyclopédiques, fruit de recherches minutieuses sur le passé de la Ville. 

Culture, Patrimoine

Patrimoine

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Retrouvez, (re)découvrez le patrimoine saint-égrévois dans le livret du patrimoine édité par la ville. Apprenez également tout sur le château Borel.